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Réforme éducative

LA PÉNURIE DE VOLEURS AU JAPON : UN MIRACLE OU UNE QUESTION D’ÉDUCATION ?

La réponse nous ramène à un élément souvent sous-estimé : l’éducation.

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Connaissez-vous un pays au monde où les voleurs semblent être en pénurie ? Un pays où l’on peut oublier son téléphone sur une table, son portefeuille dans un panier de vélo ou son sac dans un lieu public, avec de fortes chances de retrouver son bien ? Ce pays existe : le Japon.

Au Japon, perdre un objet ne signifie pas forcément lui dire adieu. Un téléphone oublié, un portefeuille égaré ou un sac laissé quelque part peut être retrouvé et rapporté à son propriétaire. Pendant qu’ailleurs on court après les pickpockets, au Japon, on court surtout pour ne pas rater son train. Une scène presque difficile à imaginer sous d’autres latitudes.

Bien sûr, il ne faut pas transformer cette réalité en conte de fées : le Japon n’est pas un pays sans voleurs. La criminalité existe bel et bien. Mais ce qui frappe, c’est le niveau de civisme et cette culture de la restitution des objets perdus, qui semble profondément ancrée dans les comportements quotidiens.

Dès lors, une question s’impose : comment une société parvient-elle à faire du respect du bien d’autrui une norme plutôt qu’une simple obligation imposée par la peur de la sanction ?

La réponse nous ramène à un élément souvent sous-estimé : l’éducation.

Au Japon, le respect des autres, la discipline, la responsabilité et le sens du collectif sont inculqués dès le plus jeune âge. L’enfant apprend progressivement que vivre en société signifie aussi prendre en considération celui qui partage le même espace que lui.

Ainsi, lorsqu’un enfant comprend qu’un objet trouvé ne lui appartient pas, il grandit avec cette conscience. Lorsqu’il apprend qu’un portefeuille perdu doit être remis à son propriétaire, ce geste peut finir par devenir naturel. C’est de cette manière que le civisme passe du discours aux habitudes.

Et c’est précisément à ce niveau que la comparaison avec le Niger devient intéressante.

Et nous, au Niger ? La question peut déranger, mais elle mérite d’être posée : pourquoi ne pourrions-nous pas, nous aussi, renforcer cette culture du civisme ?

Chez nous, lorsqu’un téléphone est perdu dans certaines circonstances, son propriétaire peut déjà craindre de ne jamais le revoir. Lorsqu’un portefeuille tombe dans la rue, l’inquiétude ne concerne pas seulement la perte, mais aussi ce que celui qui le trouvera décidera d’en faire.

Pourtant, rien ne nous condamne à considérer cette situation comme une fatalité.

Nous avons tendance à penser la sécurité principalement à travers les forces de défense et de sécurité, les caméras, les sanctions et les dispositifs de surveillance. Tout cela a son importance. Mais aucune société ne peut être durablement sécurisée si la responsabilité ne commence pas dans la conscience de ses citoyens.

C’est pourquoi la question de l’éducation mérite d’être placée au cœur du débat.

Car une école ne devrait pas seulement apprendre à lire, écrire et compter. Elle devrait également apprendre à respecter, à partager, à restituer, à protéger et à assumer ses responsabilités.

Et cette éducation ne devrait d’ailleurs pas s’arrêter aux portes de l’école. Elle commence dans la famille, se poursuit dans le quartier, se renforce à l’école et se manifeste ensuite dans la vie quotidienne.

C’est ainsi qu’une petite leçon donnée à un enfant peut produire, des années plus tard, un comportement citoyen qui profite à toute la société.

Au fond, le développement d’un pays ne se mesure pas uniquement à ses routes, ses bâtiments, ses technologies ou ses richesses naturelles. Il se mesure également à la qualité de ses citoyens et à leur capacité à respecter les règles communes.

Une population éduquée est une richesse humaine. Une population responsable est une force. Et une population honnête contribue à créer une société fondée sur la confiance.

Voilà pourquoi l’éducation devrait être considérée comme un véritable investissement national. Apprendre à un enfant qu’un bien trouvé doit être rendu peut sembler être un petit geste. Pourtant, multiplié par des milliers de citoyens, ce petit geste peut progressivement transformer les rapports entre les membres d’une société.

Alors, peut-être que la vraie question n’est finalement pas : « Comment arrêter tous les voleurs ? »

Elle serait plutôt : « Comment éduquer une génération capable de rendre ce qu’elle trouve, même lorsque personne ne la regarde ? »

Le Japon ne nous demande pas de devenir japonais. Il nous donne simplement matière à réfléchir sur notre propre modèle de société.

Et si le développement que nous recherchons commençait aussi par quelque chose d’aussi simple que cela : former des citoyens honnêtes, responsables et conscients que le respect du bien de l’autre est une première forme de respect de la nation ?

Car au bout du compte, éduquer un enfant, ce n’est pas seulement préparer son avenir. C’est préparer celui de toute une société.

Inoussa Maman Abdoul Moumouni, alias Dan London Journaliste-Correspondant ACOPA TV/ZINDER

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